Littérature française médiévale : poétique et histoire des idées

Littérature française médiévale : poétique et histoire des idées

Discipline rare Non

Présentation

Mystiques courtoises : la fin’amor et le Graal (XIIe-XIIIe siècle)

Dans un livre consacré à Bernard de Clairvaux, Étienne Gilson notait l’importance d’une « vague mystique, dont la force est perceptible dès les environs de 1125 et qui va déferler sur le XIIe siècle », l’associant aussitôt aux autres manifestations de ce qu’on nomme la Renaissance du XIIe siècle : l’avènement de la littérature en langue vulgaire et de l’art ogival. Le philosophe ne se bornait pas à relever une simple concomitance. Observant que l’éclosion de la poésie et du roman courtois, toute cette littérature amoureuse en langue française, est précédée d’une abondante spéculation théologique sur l’amour, il tentait d’établir un rapport : « La littérature mystique du XIIe siècle complète harmonieusement sa littérature profane et la couronne, et elle va bientôt la reformer à son image. »

En prenant notamment appui sur trois grands récits de quêtes (le Chevalier de la charrette, la Queste del Saint Graal et le Roman de la Rose), le séminaire s’intéressera aux relations que la littérature courtoise entretient avec le discours mystique.

Il s’attachera à :

- rechercher les conditions permettant de définir la fin’amor et le Graal — ces deux axes principaux le long desquels se développent les fictions chevaleresques du XIIsiècle — comme des « mystiques courtoises ».

- évaluer le rôle que joue dans l’élaboration de ces textes la référence au Cantique des cantiques, traduit et abondamment commenté au XIIe siècle.

- montrer en quoi, un siècle plus tard, l’héritage courtois, ainsi cousu de fil théologique, contribuera à la naissance de nouvelles écritures spirituelles, parmi lesquelles celles d’Hadewijch d’Anvers († ca 1240), ou de Marguerite Porete († 1310), souvent présentées comme des femmes « troubadours de Dieu » : leur langue est la langue vernaculaire (flamande, allemande ou française), leur vocabulaire et certains de leurs motifs sont empruntés aux textes courtois. Il s’agira alors d’étudier la manière dont, pour renverser la formule d’Étienne Gilson, la littérature profane reforme à son tour la littérature mystique.

Volume horaire

  • CM : 2h
  • Nombre de semaines : 13
  • Modalité de controle: Controle continu
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VALETTE Jean-Rene

Email : Jean-Rene.Valette @ paris-sorbonne.fr